Les Roms s’installent à la Saulaie

Jean-François Carenco, préfet de région, a décidé de traiter le problème des Roms dans l’agglomération !

Le but recherché : en prenant pour cible le millier de Roms dispersés dans l’agglomération lyonnaise, atteindre l’objectif national des 30.000 expulsions de clandestins en 2011 fixé par le ministère de l’Intérieur et accessoirement tout en répondant aux plaintes grandissantes des riverains.

En déplaçant ses populations d’une zone à l’autre de Lyon depuis 30 ans,  à coup de grandes manœuvres médiatiques, quel problème résout-on ?

En pratique, courant mars, une opération de contrôle d’identité a été commanditée place Carnot où plusieurs centaines de Roms squattent la zone depuis plusieurs années. J.F Carenco a profité de ce déplacement médiatique pour rappeler aux Roms qu’il n’était pas politiquement correct de mendier mais leur a soufflé à l’oreille que « nous avons 800 chambres à disposition toutes les nuits pour les demandeurs d’asile » (soit presque 9 millions d’€ par an pour l’hébergement des demandeurs d’asile sur l’agglomération).
Courant septembre, près de 400 roms ont été à nouveau évacués à Gerland et à Saint-Fons. Ces familles, désormais éparpillées dans l’agglomération, se sont réinstallées ici et là par petits groupes dans les parcs publics.

Quatre familles de Roms originaires de Roumanie (une vingtaine de personnes au total) se sont ainsi installés fin septembre à La Saulaie. Ils sont sur l’agglomération depuis trois ans environ, d’abord sur Pierre-Bénite puis dans le 7ème arrondissement. Ils ont investis l’ancienne école Jean Jaurès et l’entreprise DCB international, propriétaire des lieux, a équipé la cour de poubelles et de sanitaires pour leur permettre d’y séjourner dans la dignité. Un accord avait été signé entre les Roms et le propriétaire des lieux assurant leur accueil sur le terrain jusqu’au 10 octobre et ce, contre la volonté de la mairie. Mais le 11 octobre, force est de constater que les familles étaient toujours présentes sur les lieux, la préfecture ayant sollicité un délai supplémentaire pour leur permettre de leur trouver une solution d’insertion et de logement. La situation risque donc de durer.

La Mairie d’Oullins, en colère mais impuissante car non-propriétaire des lieux, ne peut qu’espérer que les Roms rempliront les autres conditions de l’accord initial (respect du voisinage et rendu de la cour dans le même état qu’elle était à leur arrivée), la première condition (départ au plus tard le 10 octobre) n’ayant déjà pas été respectée.  Les doutes sont en effet permis dans la mesure où la municipalité a déjà vécu le pire en 2010. En effet, à l’automne 2009, une dizaine de Roms s’étaient déjà installés au sein même de l’ancienne structure scolaire. Ils étaient 120 à 150 quand ils ont quitté les lieux en juin 2010, ayant rendu la situation invivable pour les riverains, selon Louis Proton, adjoint à la sécurité à la ville. La Mairie d’Oullins, à leur départ, avait dû débourser pas moins de 80.000 € pour rendre les lieux à nouveau salubres.

En déplaçant ses populations d’une zone à l’autre de Lyon depuis 30 ans,  à coup de grandes manœuvres médiatiques, quel problème résout-on ?

Rares sont ceux qui veulent rentrer en Roumanie. Malgré l’aide au retour volontaire de 100 € par enfant, 300 € par adulte et un billet d’avion par personne. Or, membres de l’Union européenne depuis 2007, ils peuvent revenir quand ils veulent sur le territoire. Une bonne occasion de rentrer pour encaisser la prime et de revenir dans la foulée. Le ministre des Affaires étrangères roumain, Teodor Baconschi, a lui-même mis en garde le gouvernement français et a suggéré de « supprimer l’aide au retour volontaire » pour les Roumains. Il a clairement expliqué que l’octroi de ce pécule incitait des Roumains à venir en France pour en bénéficier. Mais peu importe … l’objectif est là : on gonfle les chiffres des expulsions en vue de 2012 (en dépensant la modique somme de 18 millions d’euros)  et pendant ce temps, on ne parle pas des tunisiens de Lampedusa.

Article rédigé par Muriel COATIVY
Secrétaire départemental adjointe
Responsable de la XIIème circonscription du Rhône