Meurtre de Fatima : crime d’honneur ?

 Le meurtre de Fatima, 21 ans, étranglée puis brûlée à La Saulaie à Oullins en juillet 2009  a posé dès le départ la problématique du « crime d’honneur ».

En septembre 2011, Mohamed, le jeune frère de Fatima, 17 ans 1/2 au moment des faits, a été condamné par la cour d’assises des mineurs du Rhône à 15 ans de prison ferme, la peine maximale encourue en retenant l’excuse de minorité. Mais le silence du frère, son attitude passive pendant le procès n’auront pas permis à la cour d’assises de déterminer le mobile de ce meurtre. A noter en outre, qu’en vertu de l’application des remises de peine, ce jeune Mohamed devrait être libre dans 5 ans avant ses 25 ans.

De façon plus générale, il est regrettable qu’en France, il n’existe pas une volonté gouvernementale de se donner les moyens de lutter contre ces « crimes d’honneur » pourtant de plus en plus nombreux et d’élaborer une politique complète en la matière. Si cela était le cas, on pourrait dégager des statistiques et étudier leur évolution dans le temps et dans l’espace.

Pourtant, le Parlement européen et le Conseil de l’Europe ont avancé pour la première fois en 2003 des recommandations d’ordre général. Mais seuls les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont adopté un dispositif complet, alliant prévention auprès des associations d’immigrés, protection des témoins, formation des policiers et création d’unités spéciales.  Une association britannique a ainsi pu recenser près de 3000 victimes de « crimes d’honneur » au Royaume-Uni en 2010. Battues, séquestrées, mutilées, aspergées à l’acide ou tuées pour avoir porté atteinte à l’honneur de leur famille. Les plaintes déposées à la police ont doublé en un an dans certaines zones, dont Londres. Ces chiffres restent en outre sous-estimés, de nombreuses victimes n’osant pas porter plainte par peur de représailles.

La  France n’échappe pas à cette évolution. Dans la lutte contre les violences conjugales engagée depuis plusieurs années, il faudrait envisager les différentes causes possibles et les « crimes d’honneur » devraient faire l’objet d’une attention particulière.

Rayhana, comédienne et féministe franco-algérienne, aspergée d’essence il y a deux ans à Paris témoigne dans son livre « Le prix de la liberté » : « s’afficher et assumer être une femme de culture musulmane et athée en France n’est pas simple. Il y a une pression sur les femmes libres de la part des gens de ma communauté. Dans les cités, les jeunes filles sont souvent contraintes de porter le voile. Pour nombre d’entre elles, ce n’est pas un choix. Et il en a encore que l’on oblige à se marier ».

Pour la Présidente de Ni Putes, Ni soumises, « Fatima a été punie pour vouloir être libre et choisir avec qui elle voulait vivre ». Comme tant d’autres jeunes filles.

Certains accusent le Front National de faire de la récupération politicienne des drames nationaux et de les dénoncer au moyen d’un discours populiste. Mais on ne m’ôtera pas l’idée qu’à ce jour, seul le Front national, en demandant une application stricte de la laïcité, en condamnant toute forme de communautarisme et en voulant punir les criminels à la hauteur de leurs actes est en mesure de protéger les femmes, toutes les femmes et en particulier les femmes de culture musulmane voulant vivre librement en France.

Article rédigé par Muriel COATIVY
Secrétaire départemental adjointe
Responsable de la XIIème circonscription du Rhône