La persécution des Chrétiens au Proche-Orient

Ce dimanche 25 mars 2012, l’Aide à l’Eglise en Détresse organisait une conférence chez les Soeurs Missionnaires de la Sainte de Marie à Sainte-Foy-lès-Lyon sur « la situation des chrétiens au Moyen-Orient aujourd’hui. » Cette conférence était menée par le Père Samer Nassif, prêtre libanais maronite.

Le Père Samer Nassif nous a d’abord rappelé en introduction, pour réveiller une vérité qui fâche :

– qu’au long des vingt siècles passés et dans le monde entier, plus de 70 millions de chrétiens ont été martyrisés au nom du Christ ;

– que plus de chrétiens ont été martyrisés dans les 100 dernières années que dans toutes les années combinées depuis l’année 30 après J.C ;

– que toutes les 5 minutes de nos jours, un chrétien dans le monde est martyrisé au nom du Christ.

Le Père Samer Nassif a ensuite insisté sur trois réalités trop souvent omises.

  • Le Proche-Orient, qui va de l’Egypte à la Syrie,  est le berceau de la Chrétienté. Ce fut le premier peuple d’Orient.  Ainsi, la chrétienté et la culture orientale ne sont pas deux notions antinomiques pour un arabe.
  •  Le peuple chrétien souffre au Proche-Orient de discriminations. Il n’a pas les mêmes droits civiques et est considéré comme un citoyen de 3ème zone. Il souffre en outre de privations
  1. de liberté politique. L’Egypte, sur 15 millions de chrétiens, compte seulement 2 députés ;
  2. de liberté économique. Les chrétiens sont exclus des hauts postes de l’Etat et ne peuvent pas enseigner la langue arabe par exemple ;
  3.  de liberté religieuse et de liberté de culte.  Au Maghreb, on vous met au défi de trouver une bible dans une bibliothèque municipale ou une université publique. L’évangile en arabe est en outre interdit. Un prêtre n’a pas le droit de parler à un musulman mais chaque chrétien doit suivre des cours où on lui apprend l’Islam. En Arabie-Saoudite, il est interdit de rentrer sur le territoire avec une bible. Il est même interdit de se réunir pour célébrer une messe. Dans ce contexte, le dialogue inter-religieux est inexistant.
  • Il y a encore 50 ans, les Chrétiens étaient majoritaires en Orient. L’inversion des tendances est la conséquence des persécutions et des migrations.

Quelle serait la conséquence de la disparition des chrétiens d’Orient ? Aucune paix, aucune stabilité, aucune espérance ne peut être envisagée sans l’Eglise. Seuls les chrétiens peuvent garantir la convivialité entre les peuples et ramener la paix dans cette région du monde où la violence Islamique fait des ravages. Car toutes les communautés religieuses et ethniques se haïssent et s’affrontent depuis des siècles. Les musulmans et les juifs d’une part mais aussi les musulmans entre eux, Sunnites contre Shiites, Soufistes, Wahhabites, Islamistes sans parler des communautés ethniques, arabes, turcs, kurdes, perses, tchéchènes … Seule la communauté chrétienne a cette faculté d’apporter la paix « en tampon » entre ces communautés car c’est la seule à avoir cette capacité absolue au Pardon, notion inscrite dans le coeur même de son Evangile « Aime ton ennemi ».

A défaut de paix en Orient, peut-on envisager une paix dans le monde ? La France a un rôle capital depuis des Siècles pour aider les Chrétiens en Orient par la prière mais aussi par ses engagements politiques. Alors, pourquoi les pays occidentaux dans leur ensemble se désintéressent-ils totalement de ces massacres ? Le pétrole, encore et toujours. Ils préfèrent ignorer et cacher la vérité dans l’unique but d’acquérir plus aisément les ressources naturelles des pays du Proche-Orient au prix de vies humaines, au prix du sacrifice des Chrétiens d’Occident eux-mêmes.

Article rédigé par Muriel COATIVY
Secrétaire départemental adjointe
Responsable XIIème circonscription du Rhône