L’égalité de traitement des candidats est un leurre

Prévue les 7 et 8 avril prochains, la grande convention du Front national qui devait se tenir à Lyon à la salle 3000 n’aura finalement pas lieu. Elle se résumera en lieu et place à un simple meeting.

En effet, si le Front national n’obtenait pas les 500 parrainages, il ne pourrait obtenir aucun remboursement par l’Etat des frais de campagne engagés. Le parti ne peut donc plus se permettre d’engager de dépenses, se trouvant d’ailleurs confronté au refus des établissements bancaires de lui prêter.

Or, l’article 3 de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel dispose que « tous les candidats bénéficient, de la part de l’État, des mêmes facilités pour la campagne en vue de l’élection présidentielle ».

La loi est-elle encore une fois respectée ?

Du jeudi 23 février 2012 (date d’envoi  des bulletins de parrainages aux élus) au vendredi 16 mars 2012 (date limite de dépôt de 500 parrainages nécessaires aux candidats), la campagne est gelée pour le Front national alors que les autres principaux partis peuvent faire campagne, assurés d’avoir les signatures.

A compter du début de la campagne électorale officielle, le lundi 9 avril 2012, quant bien même le Front national aurait ses 500 parrainages, il ne sera pas à égalité de traitement avec les autres principaux partis. En effet, il conviendrait de chiffrer l’argent et le temps déployé par les militants durant toute cette campagne à trouver vainement ces parrainages pendant que les autres partis, assurés de les avoir sans faire aucune démarche, pouvaient utiliser le même financement de campagne et le précieux temps des militants à des actions concrètes sur le terrain pour une campagne efficace.

En outre, ces mêmes partis ont pu réserver des salles, prévoir des déplacements, éditer tout document utile pour être fin prêt le jour de l’ouverture officielle. Pendant ce temps, le Front national doit annuler ses déplacements, renoncer à des meetings, geler l’impression de ses tracts de campagne. Le jour J, Marine Le Pen sera encore coincée dans les vestiaires que tous les partis seront en ordre sur les starting blocks.

Alors si on peut lire dans le Progrès de ce jour page 12 « qu’une fois le doute sur l’obtention des parrainages levé (…) l’obstacle devrait alors disparaître », et bien, non, c’est faux. L’obstacle a été savamment posé et il handicapera le Front national jusqu’au jour des élections, générant sciemment une inégalité de traitement entre les candidats. Et on viendra nous dire que Marine Le Pen nous fatigue à se poser encore et toujours en victime. Qu’elle n’a pas lieu de se plaindre parce qu’elle les a ses signatures !

Article rédigé par Muriel COATIVY
Secrétaire départemental adjointe
Responsable de la XIIème circonscription du Rhône