L’Egalité de traitement politique est un leurre

L’enjeu de ces législatives 2012 fut, pour tous les partis, leur financement public pour les cinq prochaines années. Ce financement se découpe en deux partis.

D’une part, chaque bulletin rapporte au 1er tour 1,68 euro par an. Fort de ses 3,52 millions de voix, le Front national bénéficiera ainsi d’un financement annuel  de 5,9 millions d’euros pour les cinq prochaines années. Cela ne tient pas compte du système électoral français complètement inique et de l’effet sournois de l’abstention qui en découle. Il ne fait plus aucun doute que si les élections législatives se déroulaient à la proportionnelle comme dans les 27 autres pays européens, nombreux sont les français qui se seraient déplacés dans les bureaux de vote au lieu de préférer les bouder pour dénoncer le bipartisme à la française. Les partis pluriels auraient alors fait de bien meilleurs scores.

Le deuxième volet du financement est une prime d’environ 42 200 euros par parlementaire élu et par an. Ainsi, « fort » de ses deux élus, le Front national a l’immense honneur de recevoir 84 400 euros annuels qui se rajoutent aux 5,9 millions soit un total de 6 millions d’euros. Dans un schéma démocratique, le Rassemblement Bleu Marine aurait pu « espérer » au moins 70 sièges sur les 577 élus soit un total de 8,85 millions d’euros.

Lorsque l’on sait que le Parti socialiste, avec 34,3 % des suffrages au premier tour, recevra un financement annuel de 30 millions d’euros, le Front national avec 8,85 millions d’euros resterait encore en-deçà d’un financement proportionnel.

Oui, décidément, l’égalité de traitement est un leurre !

Rédigé par Muriel COATIVY
Secrétaire départemental adjointe
Responsable de la XIIème circonscription du Rhône