“Tu baisses les yeux” …

Ou brèves d’une mère de famille qui s’aventure à acheter 3 paquets de biscuits avant la sortie des classes …

Passage éclair dans un magasin hard-discount de La Mulatière … un peu d’attente à la caisse. Tout le monde prend son mal en patience. Je connais la caissière, elle est sympa, elle fait au mieux. Une seule personne devant moi ; je m’approche de la caisse. Soudain, un individu me bouscule brutalement, m’écrase délibérément le pied et pose ses affaires devant moi sur le tapis roulant. Là, c’est comme dans un film des frères Lumière. Vous vous la jouez au ralenti et le son s’arrête. Plus aucun bruit dans le magasin, les nombreux témoins plongeant leurs yeux dans leur caddie. Scotchée, je prends l’individu à partie “vous me marchez sur le pied, vous ne vous excusez pas, vous me passez devant et vous pensez que je ne vais rien dire ?”. En retour, et c’est là que je me rends compte que nous vivons dans deux mondes différents, je n’ai que gesticulations et grognements menaçants. Alors, non sans une appréhension réelle confirmée par les regards apeurés des témoins silencieux, je prends mes 3 paquets de gâteaux et je repasse devant lui. D’abord surpris qu’on ose lui tenir tête, il me menace ensuite en me disant “tu passes derrière. T’es une femme et moi un homme alors tu passes derrière”. Oups ! Il fallait que ça tombe sur moi. “D’abord on va se vouvoyer parce ce qu’on ne se connaît pas” “Tu recules” “Je crois qu’on s’est mal compris” “Tu recules ou je te tabasse” … “Et tu baisses les yeux”. Le coup de grâce pour moi. Il l’a dit. Moi qui n’ai d’ailleurs même pas pu croiser son regard tellement il se cache sous sa capuche.

Entre temps, par un tour de magie, la caissière a laissé sa place au responsable du magasin. Dans ma naïveté première, je me dis que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cet employé va avoir l’autorité d’expliquer à mon agresseur que j’étais avant lui. Que nenni. Si je vous dis qu’on vit dans un autre monde … Mon tour arrive et le caissier passe les articles de l’individu qui s’est placé à l’autre bout du tapis roulant. Mon agresseur jubile. Je m’étrangle devant tous les témoins “NON, vous n’allez quand même pas oser faire ça, ici, dans votre magasin, devant tous les clients après les propos que ce Monsieur a tenus à mon égard” ? “Si” ai-je en unique retour.

J’apprendrai juste après que cet individu vient régulièrement semer la terreur dans le magasin. Que la caissière a pour habitude de laisser sa place au caissier. Les policiers l’ont plusieurs fois interpelé mais il est relâché dans la foulée et il revient. Alors le magasin terrorisé devient, par lâcheté, par simplicité ou par dépit (je ne juge pas) complice de la violence et du sexisme de cet individu.

On attend quoi ? Le drame ? Cet individu est notoirement connu comme dangereux (vous savez on dit “il est défavorablement connu des services de police”) mais tout le monde se sent (à juste titre) impuissant. Et vous, vous ne pouvez que prier de ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment.

J’ai vraiment cru que cet homme allait me massacrer sous le regard de vingt témoins inertes mais jamais, au grand jamais je ne baisserai les yeux. C’est mon combat de tous les jours. Je me suis engagée au Front national en grande partie pour cela. Il y a déjà plusieurs années que je suis convaincue qu’un jour, pour rentrer dans certains restaurants ou certains magasins, les femmes même de confession non musulmane, devront se voiler. L’expérience malheureuse d’hier m’y a fait repensé. Certains n’y voient que de la fatalité. Quant à moi, JE NE LÂCHE RIEN !!!  Et je sais que c’est le combat quotidien de tous les militants frontistes qui m’entourent. Libérons nos citoyens, nos commerces, nos services publics, notre police du joug de ces despotes fanatiques soutenus, encouragés et protégés par nos gouvernements successifs.

Par Muriel Coativy, responsable FN de la XIIème circonscription du RHÔNE