Rappelez-moi liberté, égalité et fraternité, que de jolis mots !

TEMOIGNAGE D’UNE LYONNAISE
Un jour au mois d’aout 2013, 1h10 du matin, je décide de boire un café avant d’aller me coucher. J’étais à la fenêtre de ma cuisine et j’aperçois une personne étalée sur le trottoir sans bouger. Soucieuse et ne sachant que faire, je téléphone au SAMU.
Voici la conversation :
Allo SAMU
– oui désolée de vous déranger si tard mais il y a un homme étendu dans la rue en face de chez moi et il ne bouge plus.
– Vous appelez d’où?
-Lyon 3ème
-Il est où ce monsieur?
-Il est sur le trottoir et il ne bouge plus.
– Il est ivre?
– ben, je n’en sais rien !
En effet je vois des bouteilles sur les escaliers à côté de lui mais il ne bouge pas. De plus, la moitié de son corps est caché par une voiture.
-Et il est où vous dites?
– Allongé sur le trottoir en face de chez moi.
-ha mais ça c’est pas pour nous il faut appeler les pompiers, Madame.
– oh, ok je les appelle.
Alors je fais le 18 :
Je répète mon histoire.
Le 18 répond:
– Mais il est soul ?
-Je ne sais pas mais il ne bouge plus, j’ai appelé le SAMU et ils
m’ont dit de vous contacter.
– Vous pouvez pas allez le voir ?
– Ben heu, non. J’avoue que j’ai un peu peur et puis si je sors de
chez moi la communication s’arrêtera.
– ah oui en effet. Et elle est où cette personne ?
Elle est allongée sur le trottoir. L’adresse est Lyon 3ème.
– Ah sur le trottoir, mais ce n’est pas à nous de nous en occuper Madame, il faut appeler la police.
– Ah ok, je vais les appeler.
– Non ne vous en faites pas je vous transfère.
– Merci, au revoir.
Conversation avec la police : je raconte mon histoire.
Leur réponse:
-Mais madame, c’est un sans abri.
– Mais je ne sais pas. Il y a un homme allongé sur le trottoir et il ne bouge pas depuis un bon moment et comme il commence à pleuvoir, j’ai appeler le SAMU qui m’a dit d’appeler les pompiers qui m’ont transféré vers vous.
– Donnez-nous l’adresse et nous allons envoyer une quelqu’un.
Alors je donne l’adresse et j’attends, puis j’attends et personne ne vient. A 1 h 45 toujours personne et je réalise que cette personne bouge. Donc au final je suis allée me coucher sans savoir si les urgences sont intervenues ou pas.
C’est dur d’être sans abri ou alcoolique car il semblerait que, en plus de la vie qui ne vous sourit pas, vous n’existez pas et n’avez pas beaucoup d’importance dans notre société.
Je trouve cela lamentable. Il est clair que nous ne sommes pas tous égaux aux yeux de certains.
Rappelez-moi Liberté, égalité et fraternité, que de jolies mots !