Verdun, au coeur de notre propre actualité

Cécile&Tony4499Par Cécile BENE, responsable Val de Saône et pôle communication.

J’aurais voulu parler de l’actualité locale mais seulement, il y 100 ans, nous étions le 21 février 1916, jour où l’enfer va commencer, du jamais vu, de l’inimaginable, du monstrueux !

Verdun n’est pas une bataille comme les autres, c’est un symbole, c’est la “bataille de cette guerre”, c’est un lieu sacré, mythique.

Verdun est la représentation même de ce conflit : une attaque à l’initiative allemande, le territoire français envahi, suivi d’une résistance héroïque, et la reconquête du terrain perdu.

Et pourtant ! A-t-elle été plus terrible, plus affreuse, plus inhumaine que la Somme, les Flandres, le Chemin des Dames ? A-t-elle été plus vorace en hommes ?

La réponse est clairement non ! L’offensive désastreuse en août 1914 puis la retraite sur Paris engendreront en deux mois le double de pertes que les dix mois de la bataille de Verdun.

Verdun est le symbole d’une catastrophe humaine, une bataille de 300 jours, du 21 février au 18 décembre 1916.

Peut-on vraiment parler d’une victoire française ? Certes, l’ennemi a été arrêté et reconduit sur ces lignes de départ, sans pour autant mettre fin au carnage. Ce revers allemand, cet échec, peut apparaître comme une victoire puisque 10 divisions allemandes n’arrivèrent pas à vaincre 3 divisions françaises, dans une zone dont le commandement avait totalement sous-estimé l’importance, malgré les alertes répétées du 2ème bureau (renseignement).

Pour cacher l’incurie totale, l’inhumanité, l’immensité d’orgueil, la stupidité de certains généraux et la faiblesse, voire la lâcheté des gouvernants du moment, on a instrumentalisé le poilu, en glorifiant ses faits d’armes, son sens du devoir, son esprit de sacrifice, sa bravoure sans faille, son amour de la patrie…

Durant 300 jours, 1.000 hommes périrent journellement, soit 300.000 morts : 157.000 français et 143.000 allemands. A cela, ajoutons les blessés et nous arrivons à un total de 715.000 victimes.

L’objectif allemand ne fut pas atteint : pas de percée ou de recul significatif, et les pertes furent quasiment identiques de part et d’autre…

C.Bène