Soutien aux habitants de Verosvres (71)

chantalCPar Chantal CAPALDINI, responsable Beaujolais

Je me suis aventurée cette semaine au-delà de mes terres Beaujolaises pour aller à la rencontre des  habitants de Verosvres (71) surpris et ravis de voir que, de l’autre côté de la montagne, on s’intéresse à eux.  J’avais en effet entendu parler de l’arrivée de 140  migrants (soit 35% de la population rurale) à 45 minutes de chez moi, dans un charmant petit village que je connaissais comme une illustration de la douceur de vivre.
Je dois avouer avoir été émue dès mon arrivée par les banderoles dans les prés portant l’inscription: “soutenez-nous”, peintes sur des draps et posées là, comme autrefois les lessives qui claquaient joyeusement au vent. Il faut préciser que les autres banderoles qu’ils avaient accrochées sur les ponts de la voie express qui passe au fond de la vallée avaient, elles, été arrachées immédiatement par la gendarmerie : ordre du préfet. Silence ! Il faut obéir, subir et se taire.
Je me suis présentée et suis allée à leur rencontre, et quel accueil chaleureux j’ai reçu ! D’autant plus que, n’étant pas sur mes terres, je ne pouvais pas être soupçonnée de “récupération”.
J’ai donc appris que le lycée professionnel (magnifique bâtiment ancien en pleine campagne) a été réquisitionné par le préfet, qui n’a passé qu’une demi-heure sur les lieux, sans rencontrer ni encore moins écouter personne. Ce bâtiment est destiné à accueillir officiellement 140 migrants, ce qui est en réalité de la poudre aux yeux : le lycée contient, en fait, 250 places, m’a confié un habitant qui ne doute pas qu’elles seront toutes pourvues.
Un comité de défense s’est constitué, les maires de huit communes des alentours ont fait bloc. Rien n’y fait : le préfet ne répond pas au téléphone, aucune prise de rendez-vous n’est possible, tous ceux qui tentent le dialogue sont éconduits. Sommes-nous encore en démocratie? A l’évidence, non … Certains habitants auraient aimé négocier et proposer comme un moindre mal d’accueillir deux familles, plutôt qu’une horde d’hommes dans la force de l’âge, sans le moindre écho : c’est bien 140 (en fait certainement 250, ce qui serait davantage que la moitié du nombre d’habitants) hommes jeunes et désoeuvrés qui vont être parachutés en pleine campagne Française, au milieu de nulle part.
Les gens se sont renseignés auprès d’autres communes à qui l’on a imposé arbitrairement l’arrivée de migrants et ont appris ce que les médias nous cachent : cela se passe mal et les problèmes se multiplient. Mais, chut ! C’est si bien, le “vivre ensemble”.
J’entends dans mon village des réflexions telles que ” Cela n’est pas près d’arriver jusque chez nous”, “on ne risque rien” ce qui me fait bondir. Bien sûr, tant que c’est “chez les autres”, mais insidieusement, en silence, en rampant, le problème se répand partout. Verosvres, c’est chez nous demain. C’est notre France qu’on assassine.