Lettre d’un lyonnais à Monseigneur Barbarin

Lyon, le 24 juillet 2016

Éminence,

Je vous écris pour vous faire part d’un sentiment de grande colère. J’apprends en effet que vous avez pris position en faveur du projet de construction de l’Institut français de culture musulmane dans l’enceinte de la Grande mosquée de Lyon. Vous tirez argument de ce qu’il existe déjà à Lyon l’ECCLY, ainsi qu’un institut de la culture juive, et donc que l’islam doit lui aussi disposer d’un centre culturel.

Je pose donc deux questions. Doit-on traiter de façon égale des situations inégales ? Le christianisme est en effet présent à Lyon depuis 2000 ans, l’islam, depuis 50 ans, avec tous les bienfaits que l’on sait pour le bien commun. Par ailleurs l’ECCLY a-t-il à sa création bénéficié d’un financement aussi généreux que cet Institut de culture musulmane ? Je vous rappelle les chiffres, que vous devez connaître : 3 millions d’euros au total, à parts égales, de la part de l’Etat, de la Métropole et de la Ville de Lyon ; 4 millions d’euro au total, à parts égales, de la part de l’Algérie et de l’Arabie Saoudite, bien connues pour leur régime démocratique et le caractère avancé de leurs sociétés.

Je passe tous les jours devant l’ECCLY : c’est un ensemble de dimension modeste, sans outrance. L’Institut du recteur Kamel Kabtane est, apparemment, bien plus grandiose : salle de conférence, plusieurs salles de cours, bibliothèque, laboratoires de langues. Heureusement Laurent Wauquiez a refusé une subvention de la région. Je constate par ailleurs que seul le Front national s’est toujours opposé clairement à ce projet. La droite traditionnelle à la Métropole et à la Ville de Lyon a été plus que modérée dans sa position.

Je suis consterné, et j’ai même la rage. On est en plein relativisme, car on met sur le même pied le christianisme et l’Islam. Le premier a choisi pour Dieu un enfant né dans une crèche et qui a donné sa vie pour les hommes, l’autre prône le djihad. Qu’on ne vienne pas me dire ici que dans l’islam le djihad est spirituel et non militaire. Benoît XVI, lui, à la différence de François, a été clairvoyant sur l’islam, dans un discours prononcé à Ratisbonne je crois.

Veuillez agréer, Eminence, l’expression de mon profond respect.