Tribune libre de Muriel COATIVY – Ste-Foy-lès-Lyon – Mars 2017

Notre police municipale, enfin armée, sera-t-elle pour autant protégée ?

Ce 2 février 2017, Madame Sarselli a enfin annoncé, lors du dernier conseil municipal, sa décision d’armer la police municipale de notre commune afin de la protéger, et ce, sans changer sa mission de proximité.

Nous ne pouvons que saluer une telle décision même si nous regrettons qu’elle ait été si tardive. Sur notre secteur, Irigny a armé sa police municipale dès 1996 suivi depuis peu par Pierre-Bénite, Tassin-la-Demi-Lune et Oullins. La commune s’inscrit donc dans une dynamique locale … et nationale. Et pour cause … Rappelons que nous sommes en état d’urgence, en état de guerre et que nos policiers, tous uniformes confondus, sont les premiers visés.

Mais, soyons lucides et vigilants. Des pistolets 9 mm ne suffiront pas à combattre des kalachnikovs en cas d’attaques terroristes. Et nos caïds de banlieue continueront de rire de notre police, même armée.

Parce que, conditionnés par des années de brimades et de menaces, par une législation contraignante envers nos forces de l’ordre et une justice donnant un sentiment d’impunité aux délinquants, nos policiers les mieux armés, les plus légitimes, ceux qui représentent l’ordre, réfléchissent tellement avant de sortir leur arme que lorsque qu’ils le font, au mieux ils sont déjà écrasés ou brûlés, au pire ils sont morts.

Parce que, soyons lucides,  ceux en face, ceux qui allument le brasier et les empêchent de sortir, forts d’un sentiment de pouvoir et d’impunité, fruit d’une justice laxiste basée sur la culture de l’excuse, se rient bien d’un 9 mm pour lequel la législation et la justice ne laissent que peu de chance d’usage au policier. Alors, n’oublions jamais, un policier armé, c’est bien ; un policier vivant, c’est mieux.

Madame le Maire a donc pris une décision nécessaire et courageuse. Mais, élus de tout bord, nous devons garder en mémoire que cette mesure ne suffira pas à assurer la sécurité de notre police et, par conséquent, à assurer notre propre sécurité. D’autres décisions radicales et courageuses devront être prises en haut lieu. Sans quoi la profonde colère de nos policiers continuera de se faire légitimement entendre.