Après la SNCF, Macron brade notre parc hydroélectrique, joyau de notre indépendance énergétique

Tribune de Muriel Coativy, Conseiller régional de Rhône-Alpes-Auvergne

Après les cheminots, Emmanuel Macron entreprend de se mettre à dos la maison EDF. Sans concertation avec les intéressés, le ministère de l’écologie a en effet adressé à la Commission européenne le 31 janvier dernier un courrier, non rendu public, comprenant une longue liste de 150 grands barrages qui devraient échapper à EDF d’ici 2022 pour revenir à des opérateurs privés français ou étrangers, en vertu de l’ouverture à la concurrence des concessions des barrages hydroélectriques français.

Cette décision du gouvernement Macron d’attaquer nos installations hydroélectriques qui représentent pourtant 70 % de notre électricité renouvelable, une électricité propre, sûre, bon marché et flexible, servant l’intérêt général, répondrait soi-disant à une injonction de Bruxelles. Etonnamment, seule la France est pressée d’ouvrir son marché à la concurrence privée alors que les autres pays européens continuent de réserver leur parc hydroélectrique à des opérateurs publics. En fait, sans raisons tangibles, notre gouvernement Macron cède aux injonctions d’une Commission européenne mortifère et pourtant affaiblie, par pur excès de zèle européiste, n’hésitant pas dès lors à mettre en danger la sécurité de notre territoire, le pouvoir d’achat de nos concitoyens, le service public de l’eau et notre indépendance énergétique pourtant chèrement acquise au cours des précédentes décennies.

Macron brade à tout va la maison France. En sabordant la filière hydraulique française, Macron se rend coupable d’un nouveau fiasco énergétique, à l’image de l’Allemagne et d’Angela Merkel qui a réussi, au nom de la transition énergétique, le triptyque surréaliste d’une énergie plus chère, plus sale et moins fiable.

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Lors de l’assemblée plénière du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes du 29 mars 2018, à l’occasion d’un vœu du groupe “Socialiste et Démocrate”, Muriel Coativy pointait les contradictions de la gauche sur l’ouverture à la concurrence de nos barrages hydroélectriques.