Censuré en conseil d’arrondissement : la lettre ouverte de Romain VAUDAN à M. Thierry PHILIP, maire PS

romain_vaudanMonsieur le Maire,

J’ai bien conscience que ma présence au sein de notre assemblée n’est pas de votre gout. Vous ne vous privez pas pour le répéter à qui veut l’entendre ainsi qu’à longueur d’interviews et me le faites suffisamment comprendre lorsque nous sommes réunis en séance publique.

Déjà pendant la campagne pour les élections municipales de mars dernier, vous n’aviez pas hésité à qualifier lors d’un entretien accordé à un média local le Front National de parti « xénophobe ». Dans votre discours d’investiture, vous avez tenu à rappeler que vous n’hésiteriez pas à me combattre moi et les solutions que je propose. Plus récemment, j’ai pu lire que vous disiez de moi que j’incarnais « le repli et la peur ».

Vous avez frôlé la ligne rouge une première fois lorsqu’en séance publique du conseil d’arrondissement du 2 juillet dernier, vous m’avez prêté des accointances avec le régime de Vichy, simplement parce que je ne m’opposais pas à l’approbation d’un rapport attribuant une subvention de 500€ à la Société Lyonnaise d’Histoire de la Police, prévue pour financer notamment la publication d’un livre sur la police en 1940. Rapport approuvé d’ailleurs à l’unanimité des élus présents, tous partis politiques confondus.

Cette ligne rouge, vous l’avez hélas franchie vendredi dernier en plein conseil d’arrondissement. Tandis que j’intervenais sur les violences provoquées par des militants d’extrême gauche lors de la manifestation du 29 novembre dernier contre la tenue du XVème congrès du Front National à Lyon et dont le cortège a eu le malheur de passer par notre arrondissement avec les conséquences malheureuses que nous connaissons (vitrines de banques et de commerces brisées, distributeurs automatiques de billets attaqués à coups de marteau, abribus détruits, onze policiers blessés…), vous m’avez alors vertement interrompu en me coupant la parole, pour me dire que vous aviez été « patient pendant 8 mois » et que vous ne supportiez plus mes « logorrhées ». Vous avez même cru bon d’ajouter que vous alliez faire voter un amendement à notre règlement intérieur pour limiter à l’avenir mon temps de parole.

Aussi surréaliste que cela puisse paraître, vous avez été pris ce soir-là en flagrant délit de déni de démocratie et d’excès d’autorité, refusant à un élu de la république son droit le plus fondamental : celui de s’exprimer.

Je conçois qu’il vous résulte difficile depuis 8 mois de devoir compter avec une véritable opposition au sein de notre conseil, car il faut bien admettre que lors du mandat précédent, vous n’y étiez pas vraiment habitué. Mais vous n’avez d’autre choix désormais que de l’accepter, car je suis élu par la volonté de 3259 Lyonnais et en me privant de parole, ce sont eux que vous réduisez au silence.

Au sein de notre assemblée, je suis le seul élu que vous et votre majorité vous permettez d’interrompre. Je suis le seul élu auquel vous et votre majorité refusez de répondre aux questions. Je suis le seul élu qui doit sans cesse réclamer le silence pendant ses interventions.

Vous avez la force du nombre avec vous, moi j’ai les convictions, alors je m’accommode de vos méthodes. Mais dites-vous bien qu’aucun amendement ne m’empêchera de m’exprimer, car que vous le vouliez ou non, je tiens ma légitimité du suffrage universel, et à ce titre, je continuerai à exercer les droits qui sont les miens.

Les quelques Etats dans le monde où les opposants politiques sont ainsi bâillonnés sont souvent qualifiés de totalitaire. Je n’ose croire que vous souhaitez être affublé d’un tel qualificatif.

Alors Monsieur le Maire, j’en appelle à votre bon sens républicain et vous demande de vous ressaisir. Car en plus des mandats, vous cumulez désormais les fautes, d’abord à mon encontre mais aussi à l’encontre des millions de Français qui font aujourd’hui confiance au premier parti de France que j’ai l’honneur de représenter au sein de notre assemblée.

Débattons sur le fond, opposons-nous à la loyale, combattons-nous projet contre projet, mais je vous en prie, abandonnez ces pratiques qui nous renvoient à de bien sombres heures et laissez l’insulte et la provocation inutile aux lâches. Relevez un peu le niveau Monsieur le maire, nos concitoyens attendent tellement mieux du débat public.

Puissent les mots de Nelson Mandela, pour qui votre admiration n’est un secret pour personne, vous aider à retrouver la raison : « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaines, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »

Veuillez croire, Monsieur le Maire, en l’assurance de mes salutations les plus républicaines.

Romain VAUDAN
Conseiller Front National du 3ème arrondissement de Lyon

Source : www.romainvaudan.fr