DISPOSITIFS RELATIFS AUX CONTRATS AIDES ET COFINANCEMENT AVEC L’ETAT POUR LES BENEFICIAIRES DU RSA

Christophe-BoudotCONSEIL DE LA METROPOLE DE LYON

Lundi 23 février 2015

Rapport 2015 / 143

Monsieur, le président, chers collègues,

Ce rapport présentant le co–financement des contrats aidés est l’occasion pour nous de rappeler la position du Front national relativement aux politiques publiques d’aide à l’emploi et plus spécialement pour les jeunes (16 -25). Ces politiques soulèvent beaucoup plus de questions qu’elles n’apportent véritablement de réponses

Avec un taux de chômage des jeunes qui  ne cesse de s’aggraver, avec un nombre d’allocataires du revenu de solidarité active qui s’est accru de 60 % depuis sa création il y à 5 ans, la collectivité ne parvient plus à contrôler l’augmentation de la précarité et du chômage des jeunes dans notre région et plus largement dans notre pays.

Mais pour résoudre le problème de l’emploi des jeunes, il faut créer quantitativement de l’emploi et changer radicalement d’approche économique,  avec ses pis aller de contrats d’urgence, vous ne résolvez rien et vous entretenez le jeune démuni dans une spirale de la précarité subventionnée.

Avec ces dispositifs vous semblez vous exonérer localement ici à Lyon des fautes majeures que vous avez commises au niveau national en livrant une grande partie de notre industrie aux vents mauvais de la mondialisation sans contrepartie douanière élémentaire.

Ces contrats aidés coutent cher, mais …ils vous donnent bonne conscience !

Ces contrats aidés permettent le plus souvent d’irriguer la démocratie comme vous dites ; la plupart de ces emplois étant non marchands sont dirigés vers les associations, les syndicats trouvant là une main d’œuvre fidèle et pas cher.

Mais la seule question a se poser est celle ci : ces contrats, ces aides  sont ils efficaces contre le chômage des jeunes ?

Leur cout pour la collectivité est il justifié ? Ces emplois éphémères viennent peser sur les déficits de notre collectivité sans pour autant garantir aux jeunes un véritable avenir professionnel.

Selon une récente étude nationale et un rapport de la cour des comptes de 2011, le passage par un contrat aidé ne permet pas d’améliorer la probabilité d’avoir un emploi stable, ces dispositifs ont un impact négatif quant à l’accès à l’emploi futur, ils ne sont souvent pas un tremplin vers un véritable emploi d’avenir

Certains pays comme la grande Bretagne et le Danemark ont un taux de chômage des jeunes bien plus faible que le notre et ces pays s’étonnent beaucoup de voir le système français, celui-ci est caractérisé par une sortie tardive du jeune du système éducatif et un trop faible taux d’alternance entre formation et entreprise.

Il faut privilégier l’apprentissage dans le secteur marchand et accrocher directement ces filières au collège. Il faut revoir de fond en comble la formation professionnelle et faire de l’apprentissage une priorité nationale.

Je vous donne un conseil monsieur le président : transférez les milliards de la politique de la ville vers les filières d’apprentissage adossées aux entreprises, voilà ce qu’il faut faire ! Vos béquilles d’urgence n’ont jamais été des emplois d’avenir !

Source : http://christopheboudot.fr/